Partir de l’accès réel au service
Le Conseil fédéral a adopté le rapport sur la fracture numérique le 9 septembre 2026, après la stratégie Suisse numérique 2026 du 12 décembre 2025. Le PCP demande de faire de l’accès effectif un objectif vérifiable de toute transformation : le service doit rester utilisable par les personnes auxquelles il s’adresse.
La réussite d’une démarche se mesure à son aboutissement : obtenir l’information, comprendre ce qui est demandé, fournir les pièces et recevoir une réponse. Une connexion ou l’ouverture d’un compte ne suffit pas. Les difficultés peuvent être durables, mais aussi apparaître avec une maladie, un changement d’équipement ou une situation inhabituelle.
Le PCP demande de concevoir les services avec les personnes qui les utilisent. Les essais doivent couvrir des situations diverses, les outils d’accessibilité et les erreurs ordinaires. Le langage doit être clair, les pièces nécessaires annoncées et la sauvegarde d’une démarche possible. Une instruction ambiguë ne doit pas faire perdre silencieusement l’accès à une prestation.
Financer une assistance qui protège l’autonomie
L’aide doit pouvoir être obtenue à un coût et à une distance accessibles, avec des horaires adaptés. Elle demande du personnel formé, capable d’expliquer la procédure et d’orienter un dossier. La formation numérique peut renforcer l’autonomie ; elle ne remplace pas la réponse à une demande urgente.
Le PCP défend une assistance qui évite de remettre ses identifiants à un tiers ou d’exposer des données privées dans un espace inadapté. Les modalités d’accompagnement doivent préciser qui agit, avec quelle autorisation et quelle trace. Les personnes doivent garder la maîtrise de ce qui est transmis en leur nom.
Le rapport fédéral ne prévoit pas de moyens supplémentaires à ce stade. Pour le PCP, le financement de l’accès doit être établi à partir des besoins vérifiés. Une offre affichée sans capacité pour recevoir les personnes reste insuffisante. Les collectivités doivent prévoir l’accompagnement dans le coût complet de la transformation.
Maintenir des alternatives effectives
La voie numérique doit élargir les choix. Les personnes qui ne peuvent pas l’utiliser ont besoin d’un canal adapté : accueil, téléphone, courrier ou assistance, selon la démarche. Le PCP défend une équivalence réelle de traitement, avec une attention aux délais et à la qualité de la réponse.
Une alternative ne peut pas être jugée disponible si son coût, ses horaires ou son éloignement la rendent impraticable. Les changements de guichet doivent être évalués avec les déplacements et les besoins locaux. La coordination entre services doit éviter de multiplier les démarches et les récits d’une même situation.
Les pannes doivent aussi être anticipées. Il faut informer, conserver les éléments déjà reçus et prévoir une reprise sans demander inutilement de tout recommencer. Les procédures doivent permettre de traiter les conséquences d’une indisponibilité sur les délais, dans le cadre propre à la prestation concernée.
Faire de la qualité du travail un levier de qualité publique
Un nouveau portail peut réduire certaines tâches et en créer d’autres : assistance, correction, contrôle et suivi des exceptions. Les économies annoncées doivent être vérifiées sur l’ensemble du service. Le travail transféré aux usagers ou à leurs proches doit entrer dans le bilan.
Le PCP demande d’associer le personnel aux changements et de prévoir la formation avant l’introduction. Les équipes doivent pouvoir signaler les défauts et proposer des améliorations. Un outil mal adapté peut multiplier les contournements et fragiliser la qualité des données, même lorsque ses fonctions paraissent complètes.
Les objectifs ne doivent pas se limiter au nombre de dossiers traités. Comprendre une situation complexe demande du temps. La qualité de la décision, l’accès et la prévention des erreurs doivent compter. La numérisation doit donner davantage de moyens pour servir la population et réduire les tâches inutiles.
Garder la maîtrise des données et des contrats
Le PCP défend une responsabilité publique identifiable sur les informations collectées, leur usage et leur conservation. Les systèmes doivent recueillir ce qui est nécessaire à la tâche, avec des accès définis et une possibilité de correction. La sécurité doit être prévue dans la conception et suivie dans la durée.
Les achats doivent intégrer la documentation, les interfaces, la réversibilité et le coût d’un changement de fournisseur. Une administration doit garder des compétences pour comprendre ce qu’elle utilise et vérifier ses prestataires. La souveraineté numérique se mesure aussi à cette capacité pratique de décider et de continuer.
Les choix techniques doivent être appréciés sur leur durée : maintenance, mises à jour, formation et disponibilité. Une solution bon marché au départ peut créer une dépendance coûteuse. Les outils ouverts et les coopérations publiques doivent être examinés lorsque leur utilité, leur financement et leur maintenance sont établis.
Rendre les décisions explicables et contestables
L’automatisation doit rester sous une responsabilité humaine définie. Lorsqu’un outil influence une décision importante, l’autorité doit pouvoir expliquer les éléments essentiels, identifier une erreur et la corriger. Le PCP défend des voies de réexamen accessibles, avec un interlocuteur compétent.
La population doit pouvoir connaître les finalités et les grandes règles d’usage de ces systèmes. La protection des données et de certains détails de sécurité ne doit pas empêcher le contrôle des choix publics. Les engagements, les résultats et les difficultés doivent être présentés de façon intelligible aux organes compétents.
Évaluer l’égalité obtenue
Le suivi doit regarder les démarches abouties, les abandons, les demandes d’aide et les délais, sans organiser une surveillance inutile des personnes. Les résultats agrégés doivent permettre d’identifier les obstacles et de vérifier les corrections. Une hausse de l’usage ne prouve pas à elle seule que les difficultés ont disparu.
Le PCP relie ainsi modernisation, droits sociaux et démocratie. Il défend une action coordonnée des niveaux publics, avec des responsabilités et des moyens explicites. Le résultat attendu est un service plus accessible, un travail mieux outillé et une population capable de demander des comptes sur les décisions qui la concernent.
Documents et sources
Les documents cités permettent de retrouver les faits et les dispositions examinés. Les jugements et les propositions exprimés dans cet article sont ceux du PCP.