Ce que propose le rapport intermédiaire
Le rapport présenté le 24 avril 2026 dans le cadre de « Désenchevêtrement 27 » examine la répartition des tâches entre la Confédération et les cantons. Il décrit des pistes et une procédure de poursuite des travaux. Il ne constitue pas une nouvelle répartition déjà entrée en vigueur. Les décisions législatives et financières nécessaires restent distinctes de cet état des lieux.
Le principe annoncé associe les transferts de tâches à ceux des ressources correspondantes. Cette neutralité budgétaire constitue un point de départ pour comparer les scénarios. Elle ne garantit pas à elle seule que toutes les communes, toutes les institutions et tous les usagers connaîtront un effet identique. Le bilan doit regarder la distribution autant que le total.
Le PCP demande donc d’examiner chaque proposition par sa fonction réelle. Un changement d’organigramme peut clarifier un interlocuteur sans accroître les moyens disponibles. À l’inverse, une meilleure coordination peut améliorer le service sans transfert complet de compétence. La discussion doit conserver ces différentes possibilités.
Séparer la décision, le financement et l’exécution
Une politique peut être décidée à un niveau et exécutée à un autre, avec plusieurs sources de financement. Ce partage exige une règle compréhensible sur les objectifs, les montants et le contrôle. Le problème apparaît lorsque celui qui impose une obligation ne répond plus de ses coûts, ou lorsque celui qui paie ne dispose d’aucun levier sur le résultat.
Pour chaque tâche, le PCP demande une description de la chaîne : qui définit le droit ou le service, qui organise l’offre, qui rémunère les prestations et qui corrige un défaut. Le public doit pouvoir trouver un interlocuteur responsable. Les autorités doivent savoir comment traiter une difficulté qui dépasse leur propre compétence.
La simplification peut avoir une valeur réelle. Elle doit toutefois préserver la coopération lorsque le besoin traverse les frontières territoriales. Un réseau de transport, une formation ou un parcours de soins ne se limite pas nécessairement au territoire du financeur. La répartition doit permettre une réponse à cette réalité.
Associer garanties communes et adaptation locale
Le PCP défend des droits et un accès aux services qui ne dépendent pas uniquement de la richesse du lieu de résidence. Des garanties communes peuvent laisser une marge sur l’organisation, les horaires et les moyens adaptés au territoire. Le choix ne se réduit donc pas à une centralisation intégrale ou à une autonomie sans solidarité.
L’examen doit préciser ce qui relève d’un niveau de prestation et ce qui relève d’une méthode. Deux collectivités peuvent organiser différemment un service tout en assurant une qualité comparable. À l’inverse, une procédure identique peut produire des obstacles différents selon les distances, les langues ou les besoins de la population.
Les objectifs doivent être suffisamment précis pour être contrôlés, sans imposer des formalités qui consomment les moyens du service. Le PCP privilégie une comparaison des résultats et des conditions d’accès, accompagnée d’un examen des ressources. Une différence ne prouve pas automatiquement un défaut ; elle demande une explication.
Aucun transfert de charge ne doit disparaître du bilan
Une économie pour une autorité peut devenir une dépense pour une autre. Elle peut aussi se traduire par une participation plus élevée de l’usager ou par davantage de travail non rémunéré. Le coût social doit donc être suivi jusqu’aux personnes qui le supportent, et pas seulement jusqu’à la fin du compte fédéral.
Le PCP demande un bilan avec plusieurs scénarios : situation actuelle, changement proposé et évolution des besoins. Les effets ponctuels de transition doivent être séparés des coûts durables. Une dépense informatique initiale, une réorganisation des équipes et une nouvelle règle de financement n’ont pas le même calendrier.
Les ressources transférées doivent être comparées aux obligations réellement reprises. Un montant fondé uniquement sur une ancienne dépense peut devenir insuffisant si la population ou la demande change. Les règles doivent prévoir comment réexaminer le financement et résoudre un désaccord avant qu’il ne provoque une réduction du service.
La solidarité financière soutient l’autonomie réelle
L’autonomie est limitée lorsqu’une collectivité reçoit une responsabilité sans capacité fiscale ou administrative suffisante. Le PCP défend une solidarité qui donne à chaque territoire les moyens de remplir ses tâches. La péréquation financière nationale constitue un cadre à examiner dans cette discussion ; elle ne remplace pas l’évaluation de chaque transfert particulier.
Il faut distinguer la capacité générale de financement et les besoins liés à une prestation. Une collectivité peut connaître des charges particulières de population, de territoire ou d’infrastructure. Les comparaisons doivent identifier ces facteurs et expliquer les critères retenus, sans réduire une difficulté à une mauvaise gestion présumée.
Le financement doit également préserver les marges de décision démocratique. Une aide entièrement conditionnée à des procédures très détaillées peut laisser une autonomie seulement formelle. Des objectifs clairs, des ressources adaptées et un contrôle proportionné permettent de relier solidarité et responsabilité.
Conserver les compétences qui font fonctionner le service
Un transfert ne porte pas seulement sur une ligne financière. Il concerne des équipes, des contrats, des bâtiments, des données et un savoir pratique. La transition doit déterminer ce qui est repris, dans quel état et avec quelle documentation. Un service peut être fragilisé si cette préparation est traitée comme un détail technique.
Le PCP demande d’associer le personnel assez tôt. Les conditions d’emploi, la formation et la transmission des dossiers doivent être clarifiées. La coopération entre administrations doit éviter les périodes où deux acteurs pensent que l’autre est responsable. Les usagers ne doivent pas avoir à reconstituer eux-mêmes la nouvelle organisation.
Les systèmes d’information doivent permettre la continuité tout en protégeant les données. Interopérabilité ne signifie pas accès illimité. Les droits d’utilisation, les responsabilités et les modalités de correction doivent rester identifiables. Une solution numérique doit être jugée par son utilité pour le service, pas seulement par son déploiement.
Organiser une transition contrôlable
Les étapes doivent distinguer décision politique, adaptation des bases, transfert opérationnel et vérification. Le calendrier doit préserver les prestations pendant le changement. Lorsqu’une incertitude subsiste, il faut désigner la responsabilité provisoire et les moyens correspondants. Attendre une organisation définitive ne peut pas suspendre les besoins.
Le PCP défend une information publique qui précise ce qui change pour les personnes et ce qui reste garanti. Les voies permettant de signaler une difficulté doivent être accessibles. Un tableau institutionnel ne suffit pas si l’usager ne sait pas où déposer une demande ou retrouver son dossier.
Une clause de réexamen doit permettre de corriger le dispositif après une période définie. Le bilan doit identifier les coûts, les délais, les résultats et les effets inattendus. Il doit permettre une modification motivée, au lieu de considérer qu’une réorganisation devient irréversible dès sa mise en place.
Une démocratie qui puisse demander des comptes
Les parlements et les organes communaux doivent pouvoir comprendre l’engagement de leur collectivité. Le PCP demande des documents comparables et une visibilité sur les obligations futures. Les accords entre exécutifs ne doivent pas rendre impossible le contrôle par les organes élus compétents.
L’évaluation doit répondre à des questions concrètes : le service est-il plus accessible ? Les délais sont-ils maîtrisés ? Les équipes disposent-elles des moyens nécessaires ? La charge totale et sa répartition ont-elles changé ? Les réponses doivent être accompagnées de méthodes et de limites.
Le fédéralisme défendu par le PCP relie proximité, solidarité et capacité publique. Clarifier les responsabilités doit rendre le pouvoir plus saisissable par la population. Le succès se mesure au service et aux droits effectivement assurés, avec la possibilité de connaître la décision, d’en contrôler les effets et d’en demander la correction.
Documents et sources
Les documents cités permettent de retrouver les faits et les dispositions examinés. Les jugements et les propositions exprimés dans cet article sont ceux du PCP.