Un rapport international, des responsabilités en Suisse
Le rapport de l’OIT relève des inégalités d’accès à une formation de qualité conduisant à des qualifications reconnues. Ce constat mondial ne constitue pas un taux de participation propre à la Suisse. Il invite à examiner les obstacles dans chaque système de formation et chaque organisation du travail.
Le PCP demande que les autorités compétentes, les employeurs et les organisations de salariés identifient ensemble les besoins. Une offre existe réellement si les personnes peuvent la suivre. Le prix du cours, les horaires, les déplacements et les responsabilités familiales doivent donc être traités dans le même dispositif.
Le coût ne peut reposer sur le seul salarié
Lorsqu’une transformation de l’activité rend une qualification nécessaire, le travailleur ne doit pas supporter seul son coût ni son risque. Le PCP défend des accords qui prévoient temps de formation rémunéré, participation de l’employeur et soutien public lorsque l’intérêt collectif le justifie.
Les aides publiques devraient être liées à des engagements vérifiables : accès effectif, qualification reconnue et maintien de perspectives d’emploi. Une entreprise qui reçoit un soutien doit rendre compte du nombre de personnes formées, de leur parcours et des conditions proposées après la formation. L’inscription à un cours ne suffit pas à démontrer un résultat.
Reconnaître les compétences sans réduire l’ambition
L’expérience acquise au travail mérite d’être reconnue. Le PCP soutient des parcours qui permettent de compléter ces acquis par les connaissances nécessaires, au lieu d’imposer de recommencer toute une formation. La reconnaissance doit rester suffisamment exigeante pour conserver sa valeur pour le salarié.
La transition énergétique, les services publics et les métiers du soin nécessitent aussi de la coopération, du jugement et une connaissance des personnes ou des installations. La politique de formation ne doit pas réduire la qualification à l’usage d’un outil numérique. Une compétence nouvelle doit trouver sa traduction dans la classification, la rémunération et les responsabilités.
Faire de la formation un pouvoir de plus pour les travailleurs
Le PCP demande une coordination entre formation professionnelle, services de l’emploi et politiques industrielles. Former sans préparer les postes, les équipements et les commandes risque de déplacer l’incertitude vers les individus. Les salariés doivent participer aux choix avant les restructurations.
L’évaluation publique doit examiner l’achèvement des parcours, l’obtention des qualifications, les conditions d’emploi et la progression salariale. Elle doit aussi rendre visibles les refus d’accès et leurs causes. La formation devient un progrès social lorsqu’elle augmente la capacité de choisir et d’agir au travail, avec des garanties matérielles qui permettent réellement d’y participer.
Documents et sources
Les documents cités permettent de retrouver les faits et les dispositions examinés. Les jugements et les propositions exprimés dans cet article sont ceux du PCP.