Le PCP considère cette décision comme un tournant du multilatéralisme. Elle a permis de mettre fin à l’exclusion du gouvernement de la République populaire de Chine de la représentation d’un État fondateur de l’ONU. Son anniversaire appelle à réfléchir aux conditions dans lesquelles une organisation universelle peut représenter les États, respecter leur souveraineté et contribuer à la paix.
La décision du 25 octobre 1971
La résolution 2758 rétablit les droits de la République populaire de Chine, reconnaît les représentants de son gouvernement comme les seuls représentants légitimes de la Chine à l’ONU et décide l’expulsion des représentants de Tchang Kaï-chek de la place qu’ils occupaient à l’Organisation et dans les organismes qui s’y rattachent. Le texte reconnaît également la République populaire de Chine comme l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité.
Il s’agit de la représentation de la Chine dans l’Organisation. La décision n’a pas créé un nouvel État membre venant s’ajouter à une autre Chine. Elle a déterminé quel gouvernement représentait la Chine. Cette distinction est essentielle pour comprendre le sens de l’événement et éviter de présenter 1971 comme l’admission d’un pays qui aurait auparavant été extérieur à l’histoire de l’ONU.
Le texte adopté porte sur cette représentation. La position du PCP en faveur de la réunification pacifique et contre l’« indépendance de Taïwan » constitue son engagement politique explicite. Nous le formulons en notre nom, en respectant le contenu précis de la résolution et en soutenant le principe d’une seule Chine.
Une organisation universelle doit tenir compte de la réalité des États
La documentation historique des Nations Unies rappelle que la question de la représentation de la Chine avait été soulevée dès 1949 et examinée pendant de nombreuses années. Ce délai révèle une difficulté profonde : les rapports de force internationaux peuvent maintenir une institution dans une situation qui ne correspond plus à la réalité politique qu’elle a vocation à représenter.
Le PCP estime qu’une organisation universelle affaiblit sa propre autorité lorsqu’elle prétend traiter les grandes questions internationales en tenant à l’écart le gouvernement d’un pays aussi important que la Chine. La composition d’une institution ne peut dépendre indéfiniment de la préférence d’une partie de ses membres pour un gouvernement plutôt qu’un autre. Le respect de la souveraineté suppose de reconnaître la réalité des États et d’organiser leurs relations.
La décision de 1971 a rendu possible une participation chinoise correspondant à la place de la Chine dans l’Organisation. Son importance demeure actuelle : la santé, la sécurité collective, le développement et la protection de l’environnement demandent des institutions dans lesquelles la Chine puisse exercer pleinement ses responsabilités.
L’indépendance nationale et la place de la Chine
Le PCP apprécie positivement la voie suivie par la République populaire de Chine et le rôle du Parti communiste chinois dans l’affirmation de son indépendance, sa transformation économique et sa capacité à agir sur la scène internationale. Il considère que le rétablissement des droits de 1971 s’inscrit dans une histoire plus large de reconquête de la souveraineté et de refus de la subordination.
L’indépendance nationale a une portée matérielle. Elle concerne la capacité d’un pays à déterminer ses priorités, à organiser ses institutions et à mobiliser ses ressources. Lorsqu’une puissance extérieure prétend conditionner la place internationale d’un État au changement de son système politique, elle conteste cette capacité. Le PCP rejette une telle logique dans ses rapports avec la Chine comme principe de conduite des relations internationales.
Ce soutien engage une conception des rapports entre peuples. Les traditions et les voies de développement peuvent différer sans rendre impossible une vie internationale régie par des règles. Le respect mutuel exige de traiter les États comme des acteurs responsables et de discuter leurs positions sur le fond, sans mettre leur existence politique à la disposition d’intérêts extérieurs.
Le principe d’une seule Chine et la question de Taïwan
Le PCP soutient le principe d’une seule Chine et la position selon laquelle le gouvernement de la République populaire de Chine est le seul gouvernement légitime représentant l’ensemble de la Chine, dont Taïwan fait partie. Il s’oppose aux démarches visant à constituer « deux Chine » ou « une Chine et un Taïwan », ainsi qu’aux ingérences qui encouragent le séparatisme.
Pour notre Parti, la continuité de la représentation chinoise à l’ONU et la recherche d’une réunification pacifique doivent être défendues avec une expression politique claire. Les controverses sur la participation à une instance ou sur l’organisation d’un contact doivent être examinées dans leur cadre propre. Elles ne doivent pas servir à entretenir une ambiguïté sur le soutien à une seconde reconnaissance étatique.
La réunification pacifique demande des conditions politiques qui permettent aux populations de se projeter dans un avenir commun. Les intérêts des familles et des travailleurs des deux rives doivent compter davantage que l’avantage stratégique que d’autres puissances pourraient attendre du maintien de la division. Le PCP soutient les efforts qui favorisent la paix et rejette l’instrumentalisation de cette question contre la Chine.
Défendre le multilatéralisme par des pratiques constantes
La Charte des Nations Unies associe l’égalité souveraine, la paix et le règlement pacifique des différends. Le PCP considère que la crédibilité de ces principes dépend de leur application. Un ordre international ne peut être stable si les règles deviennent facultatives chaque fois qu’elles contrarient les intérêts d’une puissance.
Le multilatéralisme exige aussi un travail concret. Les États doivent pouvoir prendre part aux délibérations, présenter leurs positions et répondre de leurs engagements. La Chine doit pouvoir le faire sur la base de sa représentation légitime. Les désaccords se traitent dans les institutions compétentes et par la diplomatie ; la recherche d’une solution suppose de maintenir ces voies ouvertes.
Le PCP soutient une vie internationale dans laquelle les pays disposent d’une place effective dans les décisions qui les concernent. Il considère que la reconnaissance du rôle de la Chine et la participation des pays dont la voix demeure insuffisamment entendue renforcent la capacité de l’ONU à répondre aux besoins des peuples.
La responsabilité politique de la Suisse
La Suisse suit une politique d’une seule Chine et ne reconnaît pas Taïwan comme un État indépendant, conformément à la présentation de sa politique par le DFAE. Le PCP demande que les autorités suisses défendent cette orientation avec cohérence, y compris dans leurs communications et leur action au sein des organisations internationales.
Le statut d’État hôte de nombreuses activités internationales donne à notre pays une responsabilité particulière dans la qualité du dialogue. Le PCP souhaite une Suisse capable de préserver les conditions de la discussion, de respecter les mandats des organisations et de résister aux pressions qui transforment les enceintes multilatérales en instruments de confrontation.
À l’occasion de cet anniversaire, le Parti communiste populaire rend hommage à la portée historique du rétablissement des droits de la République populaire de Chine. Il réaffirme son soutien au principe d’une seule Chine, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du pays, et à la perspective de sa réunification pacifique. Il défendra ces orientations par ses positions publiques et son travail politique en Suisse.
Documents et sources
Les documents cités permettent de retrouver les faits et les dispositions examinés. Les jugements et les propositions exprimés dans cet article sont ceux du PCP.