Travail et salairesPrise de position

Sécuriser les travailleurs pendant la transition industrielle

La transition ne peut être déclarée juste parce qu’un secteur nouveau crée des postes quelque part. Elle doit offrir des possibilités concrètes aux personnes dont le travail change ou disparaît, avec des ressources pour traverser l’intervalle.

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Revenu de transition · Formation rémunérée · Employeur responsable · Nouvel emploi vérifié · Fonds négocié
La sécurité proposée suit la personne et relie revenu, qualification et emploi réel.

Le temps économique n’est pas le temps d’un ménage

Une usine peut réorienter ses produits sur plusieurs années ; un ménage doit payer son loyer chaque mois. Cet écart rend une promesse de reconversion insuffisante lorsque le revenu s’interrompt avant la formation ou le premier nouveau salaire. Le PCP défend une sécurité qui porte sur le parcours entier, depuis l’annonce du changement jusqu’à une solution de travail vérifiée.

Cette proposition ne prétend pas garantir qu’un poste identique existe dans chaque commune. Elle exige que les coûts et les risques de l’adaptation soient partagés. Les salariés n’ont pas à financer seuls, par une baisse de revenu et du travail gratuit, une transformation décidée par des propriétaires, soutenue par des politiques publiques ou rendue nécessaire par des choix collectifs.

Utiliser le chômage partiel pour sa fonction

Le Conseil fédéral a annoncé le 21 octobre 2026 envisager une normalisation progressive des modalités de RHT. La durée maximale de vingt-quatre mois reste applicable jusqu’au 31 janvier 2027 ; un nouvel examen est prévu en décembre. Ce calendrier ne préjuge pas de la décision qui sera prise pour février. Les projets concernant les paramètres ultérieurs ne doivent pas être présentés comme des droits définitivement fixés.

La RHT protège temporairement un lien d’emploi face à une perte d’activité reconnue. Elle ne remplace ni une stratégie industrielle ni une garantie générale de revenu pendant toute reconversion. Le PCP veut qu’on prépare l’étape suivante pendant le temps ainsi gagné. Attendre la dernière indemnité pour examiner les alternatives transforme un instrument de stabilisation en compte à rebours pour le personnel.

Construire une continuité négociée

Le PCP propose des accords de transition associant entreprises concernées, représentants syndicaux et collectivités compétentes. Leur objet serait de définir les situations couvertes, le revenu assuré, la durée, les formations admissibles et les responsabilités de financement. Ce sont des garanties à construire politiquement et contractuellement, pas une description du droit actuellement acquis par chaque travailleur.

L’employeur à l’origine d’une restructuration doit contribuer à ses conséquences. Un fonds sectoriel négocié peut mutualiser certains risques entre entreprises, notamment lorsque les compétences servent à toute une branche. Un concours public doit répondre à un besoin collectif vérifiable et être soumis à des conditions. Ces niveaux ne sont pas interchangeables : la solidarité publique ne devrait pas effacer une capacité patronale de financement.

Une formation financée inclut le temps de vivre

Payer les frais de cours ne règle pas tout. La personne doit disposer d’un revenu, de temps d’étude, de transports et, si nécessaire, d’une solution de garde. Les prérequis doivent être identifiés avant l’entrée dans le parcours. Une formation trop courte pour déboucher sur la qualification annoncée n’offre qu’un certificat supplémentaire sans véritable possibilité professionnelle.

La reconnaissance des compétences déjà acquises évite de recommencer inutilement. Elle ne signifie pas supprimer les exigences de sécurité ou de qualité du nouveau métier. Le PCP veut des parcours préparés avec les institutions de formation, assortis d’un accompagnement et d’une possibilité de révision si le projet choisi s’avère inadéquat. Le bilan ne doit pas être limité au nombre d’inscriptions.

Vérifier l’emploi proposé

Une place vacante n’est une solution que si ses conditions sont connues : qualification, lieu, volume, horaire, salaire et durée. Une mobilité géographique peut augmenter les frais ou rendre la garde impossible. Le débat doit reconnaître ces contraintes au lieu de qualifier toute hésitation de refus de s’adapter.

Le PCP défend des offres qui reconnaissent les qualifications et évitent une succession d’essais précaires. Les employeurs qui bénéficient d’un parcours financé doivent prendre des engagements correspondants sur l’accueil, la formation en situation et les conditions du poste. Le nouvel emploi ne doit pas servir à déplacer vers une autre entreprise la même insécurité de revenu.

Préserver la possibilité de discuter le changement

La consultation sur les licenciements collectifs vise déjà à éviter les départs, en limiter le nombre ou atténuer leurs conséquences. Elle ne garantit pas un emploi équivalent. Une sécurité de transition renforcée devrait compléter cette ouverture sans la remplacer : financer un départ ne doit pas dispenser d’examiner le maintien ou la transformation de l’activité.

Les travailleurs doivent pouvoir connaître les hypothèses et se faire représenter avant que les options soient fermées. Les aides publiques devraient être liées à cette discussion et à des engagements sur les capacités conservées. La transition ne doit pas devenir un vocabulaire confortable pour justifier une fermeture dont personne n’aurait pu examiner l’alternative.

Un droit durable exige un financement explicite

Le coût dépendra du revenu de référence, des durées et du nombre de parcours concernés. Annoncer un montant global sans ces hypothèses ne permet pas de discuter le financement. Le PCP demande une construction transparente, avec des contributions définies, une réserve adaptée et un contrôle de l’usage des moyens.

Les résultats doivent être suivis selon les personnes effectivement protégées et la qualité des emplois retrouvés. Une économie obtenue en excluant les temps partiels, les travailleurs âgés ou les salariés sans titre reconnu contredirait l’objectif. La sécurité défendue doit rendre le changement possible sans choisir à l’avance ceux qui auront les ressources pour le supporter.

Documents et sources